Les églises du Val d’Arly, au nombre de sept, démontrent la richesse patrimoniale de cette belle vallée savoyarde, où l’inspiration baroque s’exprime de manière originale, principalement dans les édifices de St Nicolas la Chapelle et Flumet.
On trouve également de magnifiques fermes traditionnelles, ainsi que de vieilles pierres fortes et sacrées qui nous comptent l’histoire fascinante de la vallée.

Eglise de Notre Dame de Bellecombe

Lors de sa reconstruction, l'église de Notre-Dame-de-Bellecombe a conservée son aspect d'antan tout en étant augmentée en taille. De fait, elle présente des styles architecturaux hétéroclites et un visage singulier. L'intérieur de l'édifice est rythmé par les piliers de granit, les larges voûtes peintes dans des tons clairs et, au fond, par un choeur large et lumineux. Une partie du mobilier de l'ancien église a été conservé : armoire aux saintes huiles, cuve baptismale, statues en bois, etc. Les vitraux et surtout le chemin de croix ajoutent de la polychromie a cet espace. Ce dernier est d'une grande originalité : installé à la fin des années 1950, il a été réalisé par M. Cart de l'atelier Le Cyclope à Annecy sur des carreaux de céramiques peints, dans un style des plus contemporain. Notons aussi le clocher à bulbe emblématique du village où se trouve un carillon riche d'une dizaine de cloches.

Musée - A la Rencontre du Passé

Au centre du village, dans une ancienne maison, ce musée, créé et géré par l'association "La Giettaz et son patrimoine", a pour but de sauvegarder et de faire connaître tout ce qui a constitué la vie de nos ancêtres. L'HABITAT : les meubles, les ustensiles, l'habillement et le mode de vie de la famille au début du siècle dernier. LE TRAVAIL : les outils nécessaires à la construction des maisons, à la fabrication des ancelles, tavaillons, bassins et ceux utilisés par le paysan pour les travaux des champs.

Vierge du Châtelard

Edifiée pendant la belle saison 1936, la statue de la Vierge du Chatelard a été bénie solennellement le 4 octobre 1936 par l’Abbé MERCIER qui nous conte son histoire : "Le 14 juillet 1935, vers les quatre heures du soir, la foudre est tombée sur le chalet du Chatelard d’en haut, appartenant à François PORRET du Biollay. Sa femme Marie Augustine PORRET des Mortines se trouvait sur la galerie en train de dire son chapelet avec ses deux filles. La foudre tomba sur le toit, juste au-dessus d’elle, la traversa en déchirant ses habits, lui brûlant le ventre et une jambe, mitraillant son sabot et la laissant à demi-morte. La foudre rentra ensuite à l’intérieur de la grange, creva le plancher et tua 3 vaches à l’écurie. Marie Augustine resta sourde mais elle peut remercier la Ste Vierge de n’avoir pas été foudroyée. En reconnaissance, sa famille érigea une statue de la Vierge." (source : Association La Giettaz et son patrimoine)

Elevage mulassier du Châtelet

Borne romaine du Petit Croisse Baulet

La borne du Petit Croisse-Baulet est l'une des trois bornes retrouvées dans le Val d'Arly sur l'antique frontière entre Ceutrons et Allobroges. Placée en 74 ap.jc. par les romains afin de délimiter les territoires des tribues locales, elle était gravée "FINES" ce qui signifie "limite". Jusqu'au 18e siècle, elle marque à cet endroit la limite des alpages entre La Giettaz et ses voisins. En raison des conflits et procès au sujet des limites de pâturage, cette borne, au même titre que d'autres, a été "rebattée", c'est à dire jetée dans la pente afin de brouiller le tracé de la frontière.Retrouvée il y a un quart de siècle, elle es étêtée et ne porte plus la mention gravée "FINES".

Chapelle sainte Anne

Hameau Le Plan

Oratoire à l’Immaculé Conception

A l’intérieur, une statue en plâtre doré (60-70 cm) de la vierge au serpent ; de chaque côté de la Vierge un angelot, et derrière elle, un soleil doré avec une colombe ; sur un autel recouvert d’une nappe blanche, un Christ en bronze, une statue de 2àcm de la Vierge, un cadre en bois avec une inscription peu lisible : « Sa sainteté Pape Pie IX accorde 100 jours d’indulgence », 4 superbes cloches contenant un vase religieux en porcelaine. Petite Histoire : «Un habitant de Flumet, Marie- François Marin- Cudraz, maire de cette commune, pour répondre au désir que lui manifesta une de ses filles à ses derniers moments est voie d’élever dans sa propriété, au bord de la grand route, un oratoire en l’honneur de l’Immaculée Conception.» Lettre du curé Mouthon le 4 juin 1866, pour demander à l’évêque l’autorisation de bénir cet oratoire et pour le supplier d’y attacher des indulgences.(sources Abbé Duval)

Chapelle du Passieu

Oratoire Notre Dame de Bonnefontaine

A l’intérieur une statue (1m) en bois de la Vierge à l’Enfant (bras gauche); au pied de la statue: «ND de Bonnefontaine priez pour nous» Histoire: En 1759, l’historien Besson nous apprend qu’il existait dans le haut de la paroisse de Flumet, une chapelle de dévotion à l’honneur de la Ste Vierge qu’on appelait à Bonnefontaine.«La tradition populaire dit qu’un moine suivant le ruisseau formé par la Bonne Fontaine monta jusqu’à sa source et déclara que la Sainte-Vierge voulait être honorée dans ce lieu. On y bâtit un oratoire qui fut souvent renouvelé» Très célèbre dans toute la région, elle était fréquentée par de nombreux pèlerins et illustrée par de précieuses faveurs obtenues.«On allait toujours en pèlerinage à Notre dame de Bonne Fontaine et le concours sans y être très nombreux est cependant continuel dans la belle saison. Il y en est qui y vont même dans les temps rigoureux à travers les neiges entassées pour demander à la Vierge quelque grâce pressante.» «La paroisse de Flumet s’y transporte quelquefois toute entière en procession surtout au retour du printemps. Dans tout le pays on raconte les faveurs extraordinaires obtenues par l’intercession de Notre Dame et la vertu merveilleuse des eaux de la Bonne fontaine alimente souvent la conversation des familles pendant les longues soirées d’hiver.» Détruite à la révolution, cette chapelle n’a pas été reconstruite, mais plus tard (1850), on a élevé un oratoire de ses ruines.«Celui qui y est aujourd’hui ne date que de 1850 et la statue qui le décore fut solennellement inaugurée le 7 septembre 1851.» [extrait de «notre dame de Savoie» et variété historique de l’abbé Grobel 1860]

Maison forte de Bieu

La maison forte De Bieu doit son nom à la famille qui l'a longtemps habitée : les De Bieu ou De Bieux (de Biolli, de Biollo - étymologie : bouleau), qui fut très influente dans le bourg et le mandement de Flumet entre le 14e et le 18e siècle. Positionnée en dehors de l’enceinte du bourg médiéval, la maison De Bieu a conservé jusqu'à nos jours son aspect et une partie de ses vestiges anciens, dont une tour carrée, une chapelle privée et des armoiries sculptées au-dessus de l'entrée. Toujours habitée, elle appartient au domaine privé.

Eglise de Cohennoz

L'église de Cohennoz dégage un charme particulier qui incombe à sa situation isolée et aux curiosités qu'elle renferme. Modeste extérieurement, elle est encore entourée par le cimetière. Son plan est simple, avec une nef unique, sans piliers, surmontée d'un clocher assez simple. L'espace intérieur est abondamment décoré et meublé. Les murs blancs sont ornés de motifs géométriques, symboliques ou floraux tandis que les voûtes sont colorés dans les teintes rouges et bleu. Pas de fresques ni de tableaux. Le mobilier est hétéroclite. L'armoire aux saintes huiles est d'inspiration baroque. La chaire en bois est de belle facture. Les nombreuses statues sont du 19e siècle. L'autel en marbre blanc et rose est modeste. Les autels latéraux, plus développés, sont dédiés à la Vierge à l'Enfant et à saint François de Sales. Des reliquaires sont disposés devant ces autels.

L’oratoire des côtes

Grande voûte plein cintre avec à droite un petit bénitier de pierre en forme de melon ; niche en retrait avec, dans le plein cintre l’inscription : « Année Mariale 1954 » et protégée par une grille cadenassée ; au dessus, gravée dans une pierre :1826. Devant cette grille, sur une tablette en bois, des pots de fleurs ; à l’intérieur, une statue de bois de 50 cm de la Vierge à l’Enfant ; au dessus de la Vierge, croix et Christ ; sur le socle : « Ste Marie priez pour nous » ; à l’avant, une statue de sainte Thérèse à l’Enfant Jésus (30 cm), 2 chandeliers, une gravure représentant sainte Françoise, et deux grands vases.

Eglise de Chaucisse

En 1815, Joachim Dumax-Baudron (1750-1828), ancien cuisinier du maréchal Berthier, décide de léguer une chapelle et une école à son hameau d'origine.La chapelle, dédiée à saint François de Sales est construite en 1818 puis érigée en église en 1828 par décision de l'évêque. Dans les années 1960, elle est rattachée à nouveau à Saint-Nicolas-la-Chapelle. Chapelle privée, son toit en tavaillons et ses murs peints ont été récemment restaurés. A l'intérieur, on retouve un mobilier et une décoration d'inspiration baroque.

Notre Dame des Alpages

Erigée sur le Rocher des Mans, à 1800 mètres d'altitude, au-dessous de la Pointe des Verres (2616 mètres), elle a été dressée durant l'été 1956 par les alpagistes. Plus d'une vingtaine d'hommes furent nécessaires pour hisser les 3 morceaux de la statue jusqu'à son piédestal, d'abord par treuil, puis à l'aide de deux juments. Une tâche particulièrement délicate puisque le plus gros morceau ne pesait pas moins de 500 kg. Elle fut endommagée par l'avalanche de 1962-63 qui, dans sa course, entraîna sa partie supérieure jusqu'au bas de la falaise. Le morceau manquant a pu être remplacé au moyen d'un hélicoptère. Depuis la Vierge, le panorama est magnifique. Au premier plan, on apperçoit les massifs de Croisse-Baulet, Ramadieu, Christomet et du Torraz. En second plan, de gauche à droite, les aiguilles de Warens, le Mt d'Arbois, le Mt Joly, le Mt de Vorès et le Mt Bisanne. Au fond, la Chaîne du Mont-Blanc et les montagnes du Beaufortain.

Château de Charbonnière

La maison forte de Charbonnière est une propriété privée. On peut toutefois aprécier son architecture extérieure, le four à pain situé devant la façade et la tourelle médiévale posée à même le sol à l'arrière du bâtiment.

Eglise Ste Théodule

On sait qu'il existait dès 1200 une église à Flumet dédiée à Saint Théodule. Située dans l'enceinte médiévale du bourg, elle fut détruite par l'incendie de 1679, mais le clocher en pierres taillées et la façade Est semblent avoir été conservés. L'espace interieur est constitué d'une nef et d'une travée unique. Le choeur est très vaste puisqu'il existait un Chapitre de neufs prêtres. A l'entrée du choeur se trouve une loggia reservée autrefois à la famille noble De Riddes. Les voûtes sont recouvertes de fresques bibliques peintes par Clément Giacobini au 19e siècle. Le riche mobilier date pour l'essentiel des 17e et 18e siècles ( fonts baptismaux, croix de la passion, poutre de gloire, chaire où Saint François de Sales a prêché, tableau de la Sainte Famille, statuaire, etc. ) Dans la travée sont disposés trois autels d'inspiration baroque datant du 19e siècle et dédiés respectivement aux saints Antoine, à la Vierge et aux trois saints évêques (Théodule, François de Sales et Guérin). Le maître-autel, dédié à Saint Théodule, a été réalisé en 1809 par les Valsésiens Broccio, Viotti et Gilardi. Exubérant et richement décoré, son plan en baldaquin unique en Savoie (avec celui de saint-Nicolas-la-Chapelle) en fait une pièce rare de l'art baroque savoyard.

Eglise Saint-Pierre-aux-Liens

Le vaste bâtiment en croix grecque, original de part sa coupole intérieure et centrale, est orné d'un majestueux clocher à bulbe à deux lanternons.La riche décoration intérieure doit beaucoup aux fresques du 19 ème siècle de Clément Giacobini, aux nombreuses statues et aux autels d'inspiration baroque. Le retable de 1849, oeuvre de maître Shiras, réutilise une partie de l'ancien maître-autel du 18 ème siècle.

Maisons suspendues - Panorama

Au 13e siècle, les sires de Faucigny fondent la cité de Flumet. Pour peupler la localité, ils octroient des franchises (libertés et privilèges) aux bourgeois de Flumet, chacun se voyant délivrer une parcelle de taille uniforme pour bâtir sa maison. Le bourg ainsi créé est entouré de murailles. Du côté de l'Arly, les maisons sont construites sur l' éperon rocheux qui surplombe l'Arly de plusieurs dizaines de mètres : il n'était donc pas nécessaire de fortifier l'enceinte à cet endroit, la géographie des lieux offrant une protection naturelle suffisante. Une porte marquait l'entrée du bourg de ce côté, dont l'ouverture est toujours visible aujourd'hui dans la rue du Mont-Blanc. Elle donnait sur un chemin descendant sur l'Arly et permettant de monter sur Notre-Dame-de-Bellecombe. Depuis le 13e siècle, malgré l'incendie du bourg en 1679 et les vicissitudes du temps, l'aspect de ces maisons suspendues a très peu évolué (voir le cadastre de 1730), si ce n'est la disparition des toits en tavaillons et l'apparition de traces de modernité (paraboles, grandes baies vitrées, garde-corps non ouvragées) qui ont atténués le charme traditionnel de cette architecture. Cependant, ces maisons suspendues ont gardées leur originalité faite d'enchevêtrement de balcons, de galeries, de logis, d'escaliers,de cheminées etc. De même, les fondations en pierres apparentes remontent sans doute aux origines du bourg. Sans parler de leur aspect vertigineux qu'il faut absolument voir et que l'on peut apprécier en différent endroits du bourg (place du château, pont des Abymes, lacets des Avenières).

Eglise de Saint Nicolas la Chapelle

Au 12e siècle, des moines bénédictins auraient construit une chapelle dédiée à saint Nicolas, qui serait à l'origine de la première église de Saint-Nicolas-la-Chapelle érigée au 14e siècle. "Eglise-mère" de toutes celles du mandement de Flumet, elle est recontruite dans la seconde moitié du 18e siècle dans l'esprit de la Contre Réforme et de l'art baroque. Son mobilier, assez préservé des ravages de la Révolution, est augmenté au 19e siècle tandis que l'édifice s'orne d'un majestueux clocher et de fresques sous ses voûtes. Sa qualité architecturale et la richesse de son mobilier vaut à cette église d'être inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1989.