Les églises du Val d’Arly, au nombre de sept, démontrent la richesse patrimoniale de cette belle vallée savoyarde, où l’inspiration baroque s’exprime de manière originale, principalement dans les édifices de St Nicolas la Chapelle et Flumet.
On trouve également de magnifiques fermes traditionnelles, ainsi que de vieilles pierres fortes et sacrées qui nous comptent l’histoire fascinante de la vallée.

Eglise de Saint Nicolas la Chapelle

Autrefois le village s’appelait Saint-Nicolas-de-Flumet, on lui donna ensuite le nom de Saint-Nicolas-la-Chapelle en souvenir d’une ancienne chapelle dédiée à saint Nicolas située un peu plus haut que l’église actuelle. Celle-ci est construite entre 1774 et 1776 : la précédente menaçait de tomber en ruine. Elle était tellement abîmée, qu’on a préféré la détruire pour reconstruire un édifice plus grand et aéré. Saint Nicolas est bien connu dans la région, notamment depuis que le village de Saint-Nicolas-de-Véroce, à côté de Saint-Gervais-les-Bains, reçu il y a très longtemps - au XIe siècle - un os du poignet du vrai saint Nicolas, protecteur des enfants et des écoliers. Le mobilier réalisé pour le nouvel édifice, heureusement assez préservé des ravages de la Révolution, est augmenté de quelques éléments au XIXe siècle. C’est alors que l'édifice s'orne aussi d'un majestueux clocher et de fresques sous ses voûtes. Sa qualité architecturale et la richesse de son mobilier valent à cette église d'être inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1989.

Musée - A la Rencontre du Passé

Au centre du village, dans une ancienne maison, ce musée, créé et géré par l'association "La Giettaz et son patrimoine", a pour but de sauvegarder et de faire connaître tout ce qui a constitué la vie de nos ancêtres. L'HABITAT : les meubles, les ustensiles, l'habillement et le mode de vie de la famille au début du siècle dernier. LE TRAVAIL : les outils nécessaires à la construction des maisons, à la fabrication des ancelles, tavaillons, bassins et ceux utilisés par le paysan pour les travaux des champs.

L’Oratoire de la Vierge à l’Enfant

6 marches permettent son accès ; à droite un bénitier en pierre, grande niche plein cintre en retrait avec encadrement pierre portant gravée la date 1896 et protégée par une superbe grille en fer forgé ; dans l’arrondi, une petite croix avec au dessus l’inscription : « 18JMON 98 »(sans doute Jean-Marie Ouvrier Neyret 1898). A l’intérieur sur un autel recouvert d’un tapis blanc, une grande statue (1 m) de la Vierge couronnée avec l’Enfant Jésus sur son bras droit et vêtue d’un manteau bleu pâle et or ; à gauche, une statue du Sacré-Coeur et à droite une statue de saint Joseph (50 cm) ; 4 bougeoirs métal, une croix en bois avec le Christ, 4 tableaux dont saint Marc et une plaque : « Monseigneur Paget avait accordé le 12/05/1789 40 jours d’indulgence à ceux qui en passant devant l’ancien oratoire construit et aujourd’hui en ruine réciteront un Pater, un Ave ou un acte de contrition. » Monseigneur Isoard en date du 28/07/1900 a renouvelé les mêmes indulgences et aux mêmes conditions au « nouveau oratoire » construit en 1896.

Elevage mulassier du Châtelet

Chapelle du Plan

Borne romaine du Jaillet

La borne romaine du Jaillet, (re?)découverte en 1963, a été placée en 74 ap.jc. sur ordre de l'Empereur Vespasien, en compagnie d'autres bornes, pour délimiter les territoires des Ceutrons et des Allobroges. Gravée "FINES" (limite), elle a marquée la frontière entre les alpages de La Giettaz et de ses voisins jusqu'au 18e siècle. Comme d'autres bornes, elle a été "rebattée" (jetée dans la pente) ou cachée pour brouiller les limites des pâturages lors des conflits d'alpage.

Maison forte de Bieu

La maison forte De Bieu doit son nom à la famille qui l'a longtemps habitée : les De Bieu ou De Bieux (de Biolli, de Biollo - étymologie : bouleau), qui fut très influente dans le bourg et le mandement de Flumet entre le 14e et le 18e siècle. Positionnée en dehors de l’enceinte du bourg médiéval, la maison De Bieu a conservé jusqu'à nos jours son aspect et une partie de ses vestiges anciens, dont une tour carrée, une chapelle privée et des armoiries sculptées au-dessus de l'entrée. Toujours habitée, elle appartient au domaine privé.

Chapelle sainte Anne

Pont des Abymes

Premier ouvrage d'art du Val d'Arly, le pont des Abymes, ou pont de Bellecombe, a été construit entre 1875 et 1878. Erigé dans la dynamique de désenclavement de la vallée, symbolisé par le tracé de la route des gorges de l'Arly entre Ugine et Sallanches, il représente l'entrée de la région dans la modernité.

Oratoire Notre Dame de Bonnefontaine

A l’intérieur une statue (1m) en bois de la Vierge à l’Enfant (bras gauche); au pied de la statue: «ND de Bonnefontaine priez pour nous» Histoire: En 1759, l’historien Besson nous apprend qu’il existait dans le haut de la paroisse de Flumet, une chapelle de dévotion à l’honneur de la Ste Vierge qu’on appelait à Bonnefontaine.«La tradition populaire dit qu’un moine suivant le ruisseau formé par la Bonne Fontaine monta jusqu’à sa source et déclara que la Sainte-Vierge voulait être honorée dans ce lieu. On y bâtit un oratoire qui fut souvent renouvelé» Très célèbre dans toute la région, elle était fréquentée par de nombreux pèlerins et illustrée par de précieuses faveurs obtenues.«On allait toujours en pèlerinage à Notre dame de Bonne Fontaine et le concours sans y être très nombreux est cependant continuel dans la belle saison. Il y en est qui y vont même dans les temps rigoureux à travers les neiges entassées pour demander à la Vierge quelque grâce pressante.» «La paroisse de Flumet s’y transporte quelquefois toute entière en procession surtout au retour du printemps. Dans tout le pays on raconte les faveurs extraordinaires obtenues par l’intercession de Notre Dame et la vertu merveilleuse des eaux de la Bonne fontaine alimente souvent la conversation des familles pendant les longues soirées d’hiver.» Détruite à la révolution, cette chapelle n’a pas été reconstruite, mais plus tard (1850), on a élevé un oratoire de ses ruines.«Celui qui y est aujourd’hui ne date que de 1850 et la statue qui le décore fut solennellement inaugurée le 7 septembre 1851.» [extrait de «notre dame de Savoie» et variété historique de l’abbé Grobel 1860]

Oratoire de la Saint Famille

Statue de la Saint Famille en bois doré avec l’inscription «40 jours d’indulgence par Mgr Magnin à ceux qui réciteront un Pater, un Ave et un acte d’amour de Dieu 13-06-1863 – 17-06-1864» Petite Histoire En juin 1992, suite au travaux d’endiguement du torrent, l’oratoire à été démoli. Nouvel Oratoire (Reconstruit en 1994 en aval du précédent)

Eglise Saint-Théodule : en accès libre

Les habitants ont l’autorisation d’utiliser les pierres de l’ancien château pour la rebâtir… Et oui l’enceinte et le château, construits par Aymon II de Faucigny n’ont plus d’utilité à partir du XIVe siècle (1355), les Faucigny et les Savoie ont trouvés un arrangement sans sortir les armes … le mariage ! Le retable majeur est réalisé en 1809 par un artiste venu de l’autre côté des Alpes, d’une vallée nommée la Valsésia. Observe bien les colonnes qui supportent l’ensemble … Ne te semble-t-il pas que certaines nous emmènent vers le haut et d’autres nous ramène vers le sol ? C’est en effet toute cette symbolique du lien entre la Terre (le monde profane) et le Ciel (le monde sacré) qui est représentée grâce à ces colonnes que l’on appelle torses, emblèmes par excellence de l’Art Baroque. » Visite virtuelle à découvrir ici : https://drone-de-regard.fr/VR/FACIM/73_Flumet.html

Vierge du Châtelard

Edifiée pendant la belle saison 1936, la statue de la Vierge du Chatelard a été bénie solennellement le 4 octobre 1936 par l’Abbé MERCIER qui nous conte son histoire : "Le 14 juillet 1935, vers les quatre heures du soir, la foudre est tombée sur le chalet du Chatelard d’en haut, appartenant à François PORRET du Biollay. Sa femme Marie Augustine PORRET des Mortines se trouvait sur la galerie en train de dire son chapelet avec ses deux filles. La foudre tomba sur le toit, juste au-dessus d’elle, la traversa en déchirant ses habits, lui brûlant le ventre et une jambe, mitraillant son sabot et la laissant à demi-morte. La foudre rentra ensuite à l’intérieur de la grange, creva le plancher et tua 3 vaches à l’écurie. Marie Augustine resta sourde mais elle peut remercier la Ste Vierge de n’avoir pas été foudroyée. En reconnaissance, sa famille érigea une statue de la Vierge." (source : Association La Giettaz et son patrimoine)

Oratoire des Clapières

Eglise de Cohennoz

L'église de Cohennoz dégage un charme particulier qui incombe à sa situation isolée et aux curiosités qu'elle renferme. Modeste extérieurement, elle est encore entourée par le cimetière. Son plan est simple, avec une nef unique, sans piliers, surmontée d'un clocher assez simple. L'espace intérieur est abondamment décoré et meublé. Les murs blancs sont ornés de motifs géométriques, symboliques ou floraux tandis que les voûtes sont colorés dans les teintes rouges et bleu. Pas de fresques ni de tableaux. Le mobilier est hétéroclite. L'armoire aux saintes huiles est d'inspiration baroque. La chaire en bois est de belle facture. Les nombreuses statues sont du 19e siècle. L'autel en marbre blanc et rose est modeste. Les autels latéraux, plus développés, sont dédiés à la Vierge à l'Enfant et à saint François de Sales. Des reliquaires sont disposés devant ces autels.

Château des Faucigny

La localité de Flumet, placée sur un éperon rocheux au-dessus de l'Arly, au carrefour des cols des Aravis et des Saisies, se trouvait dès le 11e siècle à l'extrémité méridionale du domaine des sires du Faucigny et à la frontière des terres de la Maison de Savoie. Pour ces raisons géo-stratégiques, les sires de Faucigny construisirent un château ex-nihilo en ces lieux. On ne peut pas dater précisement l'époque de cette édification, que certains historiens font remonter au 11e siècle. On sait, en revanche, qu'Aimon II de Faucigny a agrandit le château de Flumet vers 1200. De forme polygonale, avec des murailles épaisses, il possédait une tour carrée en son milieu. Ce n'est qu'après son érection que fut créée la ville fortifiée de Flumet : le château est donc le point de départ de l'histoire de cette cité. Lieu d'habitation, d'abord des sires de Faucigny qui venaient périodiquement y résider, puis siège du châtelain, le château de Flumet incarnait l'emprise du seigneur sur le territoire. Bâtiment défensif, il servait de poste avancé face à la menace du voisin savoyard.C'est pourquoi il perdit de son intérêt militaire après l'entrée du Faucigny dans les possessions de la Maison de Savoie en 1355. A partir du 15e siècle, le château tombe lentement en ruine, entretenu toutefois par les habitants du bourg. Après l'incendie du bourg en 1679, on autorise les flumerans à reconstuire leurs maisons avec les pierres du château, avec toutefois interdiction de toucher à la tour. Malgré ces péripéties et les ravages du temps, l'état général du château s'est considérablement dégradé essentiellement ces dernières années et est proche de disparaître définitivement.

Eglise de Chaucisse

En 1815, Joachim Dumax-Baudron (1750-1828), ancien cuisinier du maréchal Berthier, originaire de Chaucisse, décide de léguer une chapelle et une école à son hameau d'origine. La chapelle, dédiée à saint François de Sales, est construite en 1818. Dix ans plus tard, par décision de l'évêque, elle devient église paroissiale. Mais dans les années 1960, avec le déclin démographique, la paroisse est finalement rattachée à nouveau à Saint-Nicolas-la-Chapelle. Le toit en tavaillons (« tuiles » de bois) et les murs peints de cette chapelle privée ont été récemment restaurés. A l'intérieur, vous attendent un mobilier et une décoration dans lesquels s’expriment les goût artistiques de l’époque baroque.

Chapelle des Nants

Cette chapelle a probablement été, au début du XIème siècle, le premier lieu de culte public à La Giettaz. Les bénédictins venaient en été de Megève au lieu-dit L'Abbaye. Par conséquent, une chapelle devait être proche. Elle fut reconstruite au XVIIème siècle sous le vocable de l'Annonciation. Pendant la Révolution, elle a subi d'importants dommages : son clocheton a été détruit, sa cloche réquisitionnée pour faire des canons. Les avalanches de 1843, 1847 et 1914 ne l'épargneront pas non plus. Restaurée en 1927, elle fut de nouveau balayée par l'avalanche de 1978 venant des Verres et de la Pare (au sommet de la Chaîne des Aravis). La reconstruction s'est faite en 1981 et 1982, plus à l'est, à l'abri des avalanches et de taille plus modeste. La Vierge de l'Annonciation fut sculptée par un giettois, avec l'inscription "Me Voici".

Église de Notre Dame de Bellecombe

Lors de sa reconstruction, l'église de Notre-Dame-de-Bellecombe a conservée son aspect d'antan tout en étant augmentée en taille. De fait, elle présente des styles architecturaux hétéroclites et un visage singulier. L'intérieur de l'édifice est rythmé par les piliers de granit, les larges voûtes peintes dans des tons clairs et, au fond, par un choeur large et lumineux. Une partie du mobilier de l'ancien église a été conservé : armoire aux saintes huiles, cuve baptismale, statues en bois, etc. Les vitraux et surtout le chemin de croix ajoutent de la polychromie a cet espace. Ce dernier est d'une grande originalité : installé à la fin des années 1950, il a été réalisé par M. Cart de l'atelier Le Cyclope à Annecy sur des carreaux de céramiques peints, dans un style des plus contemporain. Notons aussi le clocher à bulbe emblématique du village où se trouve un carillon riche d'une dizaine de cloches.

Oratoire à l’Immaculé Conception

A l’intérieur, une statue en plâtre doré (60-70 cm) de la vierge au serpent ; de chaque côté de la Vierge un angelot, et derrière elle, un soleil doré avec une colombe ; sur un autel recouvert d’une nappe blanche, un Christ en bronze, une statue de 2àcm de la Vierge, un cadre en bois avec une inscription peu lisible : « Sa sainteté Pape Pie IX accorde 100 jours d’indulgence », 4 superbes cloches contenant un vase religieux en porcelaine. Petite Histoire : «Un habitant de Flumet, Marie- François Marin- Cudraz, maire de cette commune, pour répondre au désir que lui manifesta une de ses filles à ses derniers moments est voie d’élever dans sa propriété, au bord de la grand route, un oratoire en l’honneur de l’Immaculée Conception.» Lettre du curé Mouthon le 4 juin 1866, pour demander à l’évêque l’autorisation de bénir cet oratoire et pour le supplier d’y attacher des indulgences.(sources Abbé Duval)