Les églises du Val d’Arly, au nombre de sept, démontrent la richesse patrimoniale de cette belle vallée savoyarde, où l’inspiration baroque s’exprime de manière originale, principalement dans les édifices de St Nicolas la Chapelle et Flumet.
On trouve également de magnifiques fermes traditionnelles, ainsi que de vieilles pierres fortes et sacrées qui nous comptent l’histoire fascinante de la vallée.

L’oratoire des côtes

Grande voûte plein cintre avec à droite un petit bénitier de pierre en forme de melon ; niche en retrait avec, dans le plein cintre l’inscription : « Année Mariale 1954 » et protégée par une grille cadenassée ; au dessus, gravée dans une pierre :1826. Devant cette grille, sur une tablette en bois, des pots de fleurs ; à l’intérieur, une statue de bois de 50 cm de la Vierge à l’Enfant ; au dessus de la Vierge, croix et Christ ; sur le socle : « Ste Marie priez pour nous » ; à l’avant, une statue de sainte Thérèse à l’Enfant Jésus (30 cm), 2 chandeliers, une gravure représentant sainte Françoise, et deux grands vases.

Maison forte de Bieu

La maison forte De Bieu doit son nom à la famille qui l'a longtemps habitée : les De Bieu ou De Bieux (de Biolli, de Biollo - étymologie : bouleau), qui fut très influente dans le bourg et le mandement de Flumet entre le 14e et le 18e siècle. Positionnée en dehors de l’enceinte du bourg médiéval, la maison De Bieu a conservé jusqu'à nos jours son aspect et une partie de ses vestiges anciens, dont une tour carrée, une chapelle privée et des armoiries sculptées au-dessus de l'entrée. Toujours habitée, elle appartient au domaine privé.

Maisons suspendues - Panorama

Au 13e siècle, les sires de Faucigny fondent la cité de Flumet. Pour peupler la localité, ils octroient des franchises (libertés et privilèges) aux bourgeois de Flumet, chacun se voyant délivrer une parcelle de taille uniforme pour bâtir sa maison. Le bourg ainsi créé est entouré de murailles. Du côté de l'Arly, les maisons sont construites sur l' éperon rocheux qui surplombe l'Arly de plusieurs dizaines de mètres : il n'était donc pas nécessaire de fortifier l'enceinte à cet endroit, la géographie des lieux offrant une protection naturelle suffisante. Une porte marquait l'entrée du bourg de ce côté, dont l'ouverture est toujours visible aujourd'hui dans la rue du Mont-Blanc. Elle donnait sur un chemin descendant sur l'Arly et permettant de monter sur Notre-Dame-de-Bellecombe. Depuis le 13e siècle, malgré l'incendie du bourg en 1679 et les vicissitudes du temps, l'aspect de ces maisons suspendues a très peu évolué (voir le cadastre de 1730), si ce n'est la disparition des toits en tavaillons et l'apparition de traces de modernité (paraboles, grandes baies vitrées, garde-corps non ouvragées) qui ont atténués le charme traditionnel de cette architecture. Cependant, ces maisons suspendues ont gardées leur originalité faite d'enchevêtrement de balcons, de galeries, de logis, d'escaliers,de cheminées etc. De même, les fondations en pierres apparentes remontent sans doute aux origines du bourg. Sans parler de leur aspect vertigineux qu'il faut absolument voir et que l'on peut apprécier en différent endroits du bourg (place du château, pont des Abymes, lacets des Avenières).

Pont des Abymes

Premier ouvrage d'art du Val d'Arly, le pont des Abymes, ou pont de Bellecombe, a été construit entre 1875 et 1878. Erigé dans la dynamique de désenclavement de la vallée, symbolisé par le tracé de la route des gorges de l'Arly entre Ugine et Sallanches, il représente l'entrée de la région dans la modernité.

Eglise de Saint Nicolas la Chapelle

Autrefois le village s’appelait Saint-Nicolas-de-Flumet, on lui donna ensuite le nom de Saint-Nicolas-la-Chapelle en souvenir d’une ancienne chapelle dédiée à saint Nicolas située un peu plus haut que l’église actuelle. Celle-ci est construite entre 1774 et 1776 : la précédente menaçait de tomber en ruine. Elle était tellement abîmée, qu’on a préféré la détruire pour reconstruire un édifice plus grand et aéré. Saint Nicolas est bien connu dans la région, notamment depuis que le village de Saint-Nicolas-de-Véroce, à côté de Saint-Gervais-les-Bains, reçu il y a très longtemps - au XIe siècle - un os du poignet du vrai saint Nicolas, protecteur des enfants et des écoliers. Le mobilier réalisé pour le nouvel édifice, heureusement assez préservé des ravages de la Révolution, est augmenté de quelques éléments au XIXe siècle. C’est alors que l'édifice s'orne aussi d'un majestueux clocher et de fresques sous ses voûtes. Sa qualité architecturale et la richesse de son mobilier valent à cette église d'être inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1989.

Oratoire des Clapières

Eglise Saint-Théodule : en accès libre

Les habitants ont l’autorisation d’utiliser les pierres de l’ancien château pour la rebâtir… Et oui l’enceinte et le château, construits par Aymon II de Faucigny n’ont plus d’utilité à partir du XIVe siècle (1355), les Faucigny et les Savoie ont trouvés un arrangement sans sortir les armes … le mariage ! Le retable majeur est réalisé en 1809 par un artiste venu de l’autre côté des Alpes, d’une vallée nommée la Valsésia. Observe bien les colonnes qui supportent l’ensemble … Ne te semble-t-il pas que certaines nous emmènent vers le haut et d’autres nous ramène vers le sol ? C’est en effet toute cette symbolique du lien entre la Terre (le monde profane) et le Ciel (le monde sacré) qui est représentée grâce à ces colonnes que l’on appelle torses, emblèmes par excellence de l’Art Baroque. » Visite virtuelle à découvrir ici : https://drone-de-regard.fr/VR/FACIM/73_Flumet.html

Chapelle du Plan

Moulin à Tienne et Maison du Meunier

Chapelle des Nants

Cette chapelle a probablement été, au début du XIème siècle, le premier lieu de culte public à La Giettaz. Les bénédictins venaient en été de Megève au lieu-dit L'Abbaye. Par conséquent, une chapelle devait être proche. Elle fut reconstruite au XVIIème siècle sous le vocable de l'Annonciation. Pendant la Révolution, elle a subi d'importants dommages : son clocheton a été détruit, sa cloche réquisitionnée pour faire des canons. Les avalanches de 1843, 1847 et 1914 ne l'épargneront pas non plus. Restaurée en 1927, elle fut de nouveau balayée par l'avalanche de 1978 venant des Verres et de la Pare (au sommet de la Chaîne des Aravis). La reconstruction s'est faite en 1981 et 1982, plus à l'est, à l'abri des avalanches et de taille plus modeste. La Vierge de l'Annonciation fut sculptée par un giettois, avec l'inscription "Me Voici".

Chapelle sainte Anne

Eglise de Cohennoz

L'église de Cohennoz dégage un charme particulier qui incombe à sa situation isolée et aux curiosités qu'elle renferme. Modeste extérieurement, elle est encore entourée par le cimetière. Son plan est simple, avec une nef unique, sans piliers, surmontée d'un clocher assez simple. L'espace intérieur est abondamment décoré et meublé. Les murs blancs sont ornés de motifs géométriques, symboliques ou floraux tandis que les voûtes sont colorés dans les teintes rouges et bleu. Pas de fresques ni de tableaux. Le mobilier est hétéroclite. L'armoire aux saintes huiles est d'inspiration baroque. La chaire en bois est de belle facture. Les nombreuses statues sont du 19e siècle. L'autel en marbre blanc et rose est modeste. Les autels latéraux, plus développés, sont dédiés à la Vierge à l'Enfant et à saint François de Sales. Des reliquaires sont disposés devant ces autels.

L’Oratoire de la Vierge à l’Enfant

6 marches permettent son accès ; à droite un bénitier en pierre, grande niche plein cintre en retrait avec encadrement pierre portant gravée la date 1896 et protégée par une superbe grille en fer forgé ; dans l’arrondi, une petite croix avec au dessus l’inscription : « 18JMON 98 »(sans doute Jean-Marie Ouvrier Neyret 1898). A l’intérieur sur un autel recouvert d’un tapis blanc, une grande statue (1 m) de la Vierge couronnée avec l’Enfant Jésus sur son bras droit et vêtue d’un manteau bleu pâle et or ; à gauche, une statue du Sacré-Coeur et à droite une statue de saint Joseph (50 cm) ; 4 bougeoirs métal, une croix en bois avec le Christ, 4 tableaux dont saint Marc et une plaque : « Monseigneur Paget avait accordé le 12/05/1789 40 jours d’indulgence à ceux qui en passant devant l’ancien oratoire construit et aujourd’hui en ruine réciteront un Pater, un Ave ou un acte de contrition. » Monseigneur Isoard en date du 28/07/1900 a renouvelé les mêmes indulgences et aux mêmes conditions au « nouveau oratoire » construit en 1896.

Oratoire de la Saint Famille

Statue de la Saint Famille en bois doré avec l’inscription «40 jours d’indulgence par Mgr Magnin à ceux qui réciteront un Pater, un Ave et un acte d’amour de Dieu 13-06-1863 – 17-06-1864» Petite Histoire En juin 1992, suite au travaux d’endiguement du torrent, l’oratoire à été démoli. Nouvel Oratoire (Reconstruit en 1994 en aval du précédent)

Musée - A la Rencontre du Passé

Au centre du village, dans une ancienne maison, ce musée, créé et géré par l'association "La Giettaz et son patrimoine", a pour but de sauvegarder et de faire connaître tout ce qui a constitué la vie de nos ancêtres. L'HABITAT : les meubles, les ustensiles, l'habillement et le mode de vie de la famille au début du siècle dernier. LE TRAVAIL : les outils nécessaires à la construction des maisons, à la fabrication des ancelles, tavaillons, bassins et ceux utilisés par le paysan pour les travaux des champs.

Borne romaine du Petit Croisse Baulet

La borne du Petit Croisse-Baulet est l'une des trois bornes retrouvées dans le Val d'Arly sur l'antique frontière entre Ceutrons et Allobroges. Placée en 74 ap.jc. par les romains afin de délimiter les territoires des tribues locales, elle était gravée "FINES" ce qui signifie "limite". Jusqu'au 18e siècle, elle marque à cet endroit la limite des alpages entre La Giettaz et ses voisins. En raison des conflits et procès au sujet des limites de pâturage, cette borne, au même titre que d'autres, a été "rebattée", c'est à dire jetée dans la pente afin de brouiller le tracé de la frontière.Retrouvée il y a un quart de siècle, elle es étêtée et ne porte plus la mention gravée "FINES".

Vierge du Châtelard

Edifiée pendant la belle saison 1936, la statue de la Vierge du Chatelard a été bénie solennellement le 4 octobre 1936 par l’Abbé MERCIER qui nous conte son histoire : "Le 14 juillet 1935, vers les quatre heures du soir, la foudre est tombée sur le chalet du Chatelard d’en haut, appartenant à François PORRET du Biollay. Sa femme Marie Augustine PORRET des Mortines se trouvait sur la galerie en train de dire son chapelet avec ses deux filles. La foudre tomba sur le toit, juste au-dessus d’elle, la traversa en déchirant ses habits, lui brûlant le ventre et une jambe, mitraillant son sabot et la laissant à demi-morte. La foudre rentra ensuite à l’intérieur de la grange, creva le plancher et tua 3 vaches à l’écurie. Marie Augustine resta sourde mais elle peut remercier la Ste Vierge de n’avoir pas été foudroyée. En reconnaissance, sa famille érigea une statue de la Vierge." (source : Association La Giettaz et son patrimoine)

Oratoire Notre Dame de Pitié

Bloc de granit de 80cm de large sur 50cm de profondeur, surmonté d’un chapiteau du même matériau (97cm*58cm, hauteur 15cm) et, pour le toit, 2 blocs triangulaires en pierre avec au sommet une croix en fer forgé ouvragée de 75cm de hauteur ; niche creusée dans la pierre (50cm, hauteur 70cm) protégée par une vitre et par une grille en fer forgé. A l’intérieur, une Pietà en bois de 50cm, un petit Christ, 2 petits vases de porcelaine, 1 bougeoir en cuivre ; une date est gravée à l’avant du socle : de 1873 ; à l’extérieur, un bénitier sur le côté droit.

L’Oratoire Notre Dame de Lourdes – Le Char

Oratoire de type guérite crépi gris au toit à 4 pans couvert de tôle avec une croix de métal au sommet (instrument de la Passion, clous et marteau) ; voûte plein cintre surmontée de pierres apparentes ; niche en retrait à l’encadrement genre marbre gris, avec l’inscription : « L’An du jubilé 1826 », et protégée par une belle grille en fer forgé. A l’intérieur une statue en plâtre de Notre Dame de Lourdes (1m20), 2 angelots de chaque côté de son épaule ; 2 cadres (sainte Jeanne de Chantal et saint François de Sales), 2 statues de saint Pierre et saint Paul, plusieurs vases ; à droite de la niche, un bénitier en pierre ; un rosier le long du mur de droite.

Eglise de Chaucisse

En 1815, Joachim Dumax-Baudron (1750-1828), ancien cuisinier du maréchal Berthier, originaire de Chaucisse, décide de léguer une chapelle et une école à son hameau d'origine. La chapelle, dédiée à saint François de Sales, est construite en 1818. Dix ans plus tard, par décision de l'évêque, elle devient église paroissiale. Mais dans les années 1960, avec le déclin démographique, la paroisse est finalement rattachée à nouveau à Saint-Nicolas-la-Chapelle. Le toit en tavaillons (« tuiles » de bois) et les murs peints de cette chapelle privée ont été récemment restaurés. A l'intérieur, vous attendent un mobilier et une décoration dans lesquels s’expriment les goût artistiques de l’époque baroque.